La gazette du Bazar culturel

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CRÉATIONS

ÉPITAPHE

Ci-gît celle dont peu se souviennent encore, / Celle qui fut volée, maquillée, dévoyée, / Celle pour qui jadis d’autres ont bataillé. / Son nom est Liberté et bien triste est son sort. / À quoi songiez-vous donc quand sciemment ils ont / Coulé l’économie et prohibé les soins, / Fustigé la jeunesse, abattu les anciens, / Bâillonné la culture avec exaltation ?

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L’AMANT

Je n’ai, ma douce, hélas, rien d’autre à vous offrir / Que mes plus chaudes larmes ; et le triste tourment / Où vous jetez mon âme depuis si longtemps / N’aura raison d’un cœur qui à vous plaire aspire. / Je vis pour vous servir et toujours vous aimer. / Je gravirai les monts, je défierai les cieux, / Renierai père et mère pour conquérir vos yeux / Et goûter un instant votre sein adoré.

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M.O.T.S

Ils sont beaux, les mots d’amour que tu m’écrivais. / Heureusement, je les ai gardés. J’ai conservé tous tes mots. / Je ne crois pas qu’il me soit déjà venue l’idée de les jeter ? / Non, à aucun moment. / Cette idée ne m’a jamais traversée. / Tes mots font partie de mon monde, désormais. / À présent, tes mots sont mon monde, ma vie et je ne pourrais m’en séparer qu’en la perdant, la vie. Tu inventes mon monde par tes mots. / C’est formidable. / C’est formidable et moi je coule, je continue de couler sous leur poids et sous le poids de l’ineffable existence que je mène.

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L’HOMME DE FEU

Son épopée commence, il avait dix-neuf ans. / Intrépide, vaillant, plein de fougue et d’audace ; / D’un immense génie se forgeaient carapace / Les ombres si ténues de son destin ardent. / Prophète étincelant sous la pâle lumière, / Après la lune il court, et bouscule en passant / Uranus, et Saturne, et les astres fuyants, / Longtemps paralysés par les froides chimères.

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TESTAMENT

La nuit tombe et je songe à nos cœurs enlacés, / Sombrement prisonniers d’un amour irréel / Qui ne vivra jamais que dans l’humble querelle / Embrasée mille fois par sa seule amitié. / Amoureux éconduit par Vénus au tourment, / Dans ma triste infortune ai promis chasteté / Et goûte à la platonique fidélité / Qui du parfum de chair s’émancipe un instant.

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